Perséphone 2014

PERSÉPHONE
CRÉATION MAI 2016

Une femme de quarante ans parle à la jeune fille qu’elle a été et revisite le mythe de Perséphone, à la fois reine des morts et symbole d’une nature toujours renouvelée. Ce projet se propose de mettre en voix, en corps, et en musique la langue charnelle de Gwenaëlle Aubry, dans un dispositif plastique où le naturel le dispute à l’artificiel, où le rapport à la musique de l’adolescent se distord, faisant appel à notre part d’enfance y compris dans sa dimension bancale.

La romancière Gwenaëlle Aubry travaille sur le mythe de Perséphone, enlevée aux Enfers par Hadès et fait dialoguer la jeune fille qu’elle a été avec la femme qu’elle est aujourd’hui. Cette écriture me touche et me séduit par la question qu’elle pose sur les âges, jamais figés et pourtant immuables. La Jeune Fille de Gwenaëlle Aubry est une parmi d’autres, est un nom commun plus qu’un nom propre.
J’ai l’envie de travailler sur l’extrême précision de l’écriture de ce texte et de le transposer scéniquement: Gwenaëlle travaille sur des parenthèses, sur une typographie très précise, insère une page noire au centre de son texte. Il s’agira de travailler la langue comme un oratorio et de créer une deuxième partie visuelle, très plastique, évoquant le mythe de Perséphone. Nous pensons aux machines de Tinguely à l’installation de Joana Vasconcelos, labyrinthe nocturne de fleurs artificielles, et des matériaux organiques, permettant de créer des images fortes. En regard de Léopoldine Hummel, nous pensons aussi à la présence d’une jeune fille, figure muette qui serait un contrepoint de pure présence, fixant le public.
Dans Personne déjà, j’avais été saisie par la précision de l’écriture de Gwenaëlle Aubry et son travail sur la musicalité de la langue. Par ailleurs, Perséphone cite nombre de chansons, que ce soit en reproduisant leurs paroles ou en les citant en tant que telles ; de David Bowie à Henry Purcell en passant par Radiohead, Lou Reed, Iggy Pop, Gwenaëlle Aubry les inclut dans l’écriture. Léopoldine Hummel et Gwenaëlle Aubry ont déjà travaillé ensemble sur différentes lectures de textes, avec de la musique.
Outre le traitement proche de l’oratorio, nous avons l’envie de traiter la musique comme un espace de dialogue avec l’actrice. Le texte jouant sur le brouillage des âges et des générations, nous voulons éviter l’effet de reconnaissance immédiat et générationnel que pourrait créer la reprise ou la simple diffusion des chansons.
Avec Léopoldine Hummel, qui est musicienne nous avons l’envie de travailler sur des reprises distordues de ces chansons, créant un effet de reconnaissance distant. A d’autres moments, le texte des chansons intégré peut être dit comme une partie du texte, là aussi, créant une mise à distance des paroles qu’on reconnaîtrait moins immédiatement.
La musique sera aussi un moment de respiration dans l’écriture très dense de Gwenaëlle Aubry, permettant de mettre en place des moments visuels et performatifs.
Outre les moments joués directement à la guitare électrique par Léopoldine Hummel, nous envisageons aussi des passages à vue, où la comédienne s’arrête, met ostensiblement la musique sur une mini-chaîne, écoute un extrait de Purcell pendant que le décor se modifie, où la mise à vue du théâtre ici et maintenant permet cependant et d’autant plus l’effet d’adhésion de la musique.

D’après le roman Perséphone 2014 de Gwenaëlle Aubry, Collection Bleue, édition Mercure de France, 2015.
Mise en scène Anne Monfort
Avec Léopoldine Hummel et Léa Masson
Administration, production, diffusion Juliette Medelli (Copilote)

Coproduction Day-for-night, Festival de caves 2016. Avec le soutien du Théâtre Paul Eluard, Scène conventionnée de Choisy-le-Roi et de la Maison de la Poésie – Paris.
La Cie Day-for-Night est soutenue dans ses projets par la Région Franche-Comté/Bourgogne et conventionnée par la DRAC Franche-Comté/Bourgogne.

Création et Tournée Festival de Caves 2016
Création le 1er mai à Besançon dans le cadre du festival de caves. Une quinzaine de dates suivront en Franche-Comté ainsi qu’à Strasbourg et Paris.

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