Nothing Hurts

Nothing Hurts 
CRÉATION FÉVRIER 2008

Nothing hurts
est une sorte de variation autour de l’accident de voiture, alter ego du désir et de son impossible réalisation dans plusieurs films des années 80 comme Crash de Cronenberg et Sailor et Lula de Lynch, deux sources d’inspiration directe de Nothing hurts. Les corps y sont comme des tôles froissées. Prendre quelqu’un dans ses bras est atroce, s’embrasser est horrible. L’autre manque toujours comme une partie de soi-même. Ecrit à l’origine pour la chorégraphe Anouk van Dijk, Nothing hurts fait appel à la fragmentation des mots comme à celle des membres. L’amputation du corps se traduit par l’amputation du langage. Plus rien ne fait mal puisque le langage fait totalement défaut. Au-delà des langues, on ne peut que bégayer sa douleur dans des termes d’une terrible banalité. L’identité se fait trouble. Les noms des figures, Sylvana et Bibiana, sont d’ailleurs ceux des actrices qui ont créé le rôle, dessinant davantage des entités, des positionnements de vie, que des personnages proprement dits : Sylvana, performeuse de life art, se projette d’un film à l’autre, d’une expérience extrême à l’autre ; Bibiana, journaliste, essaie de comprendre, d’entrer dans le film. L’expérience du temps est disjointe, comme dans les accidents : la temporalité de l’une ne parvient pas à rejoindre celle de l’autre, le temps amoureux ne coïncide pas. Chacun de nous peine à s’extirper du miroir pour y rencontrer autrui.

Texte Falk Richter
Mise en scène et traduction Anne Monfort
Avec Laetitia Angot, Serge Nail, Laure Wolf
Scénographie Cécilia Delestre
Création son Baptiste Tanné
Création lumière Cécile Robin
Administration Jean-Baptiste Pasquier (FormART)

Production Théâtre de l’Heure
Coproduction Granit-Scène nationale de Belfort, avec le soutien de la DRAC Franche Comté et du DICREAM/CNC.

Création 5 > 9 février 2008 Le Granit, Scène Nationale de Belfort (90)
5 > 18 janvier 2009 Le Colombier – Bagnolet (93)

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