Black house

Black House
CRÉATION MAI 2014

Black house, à la fois l’inverse de la White house, un QG des minorités pensé dans les années 70 aux Etats Unis. Une forme de chambre noire aussi…
Une femme seule, dans une chambre noire, une prison ou un refuge. Elle pourrait s’appeler Rosa, et elle parle à Hans,un homme absent. Ce qu’elle a fait exactement ? Peut-être a-t-elle braqué des banques, peut-être s’est-elle insurgé contre son gouvernement. Elle évoque ses différentes vies, tente de réinventer une révolution passée ou future…
Une envie de traiter la question de l’engagement aujourd’hui, de ces moments qui basculent. A mon sens, les moments où un individu décide d’être actif dans la bascule du monde a fort à voir avec le déficit de réalité de ce monde, l’endroit non pas où l’individu sombre dans la folie mais où le monde sort de ses gonds. Là où les biographies basculent, où le politique s’ancre dans l’intime : formellement et théâtralement, je me suis toujours interrogée sur le déclencheur, le moment précis.
Qu’est-ce qui a amené Rosa Luxemburg à proclamer la révolution de 1918 en Allemagne alors que fondamentalement, elle pensait que le peuple n’était pas prêt ?
Qu’est-ce qui a poussé Inge Viett à braquer des banques dans l’Allemagne de l’Ouest des années 70 pour ensuite décrocher et disparaître en Allemagne de l’Est sous une fausse identité ?
Qu’est-ce qui a amené Nadejda Tolokonnikova à, depuis sa prison, écrire dans les journaux sur ses conditions de détention, tout en ayant conscience des représailles pour elle et ses co-détenues ?
Comment la prison, lieu par excellence de l’enfermement, peut devenir selon la « vertu carcérale » nommée par Bernard Stiegler, un espace de liberté, de prise de conscience, de construction d’une pensée de la résistance ?
Comment des éléments quasi anecdotiques peuvent déclencher une révolution ?
A travers différents figures de l’engagement, du moment où l’intime bascule dans le politique, ce spectacle aborde la question de l’engagement et de sa difficulté aujourd’hui, la pluralité des niveaux de réalité.
L’actrice (Marik Renner) circule entre la prise de parole directe, ici et maintenant, avec le public qu’elle accueille, et le film mental, les figures symboliques, l’entrée dans la fiction, dans l’image. L’actrice passera d’une biographie à l’autre, telle Inge Viett changeant de vie en Allemagne de l’Est, et s’appropriant cette nouvelle vie…On travaillera toujours à la lisière entre l’actrice et le personnage, l’actrice partageant avec le public les étapes qui l’amènent à entrer dans la peau de ces personnages devenus mythologiques.
On entrera parfois dans l’image pour ensuite jouer le personnage, entrer dans son intimité pour identifier ce qui déclenche un acte. L’actrice rejoue des scènes de films, connus ou moins connus, et nous transportera d’une époque à une autre, d’une vie à une autre, en constituant peu à peu, avec les spectateurs de la cave, ce que pourrait être une communauté.

Anne Monfort

Mise en scène Anne Monfort
Avec Marik Renner
Conception Anne Monfort et Marik Renner

Production Festival de caves 2014/Day-for-night
Avec l’aide à la création de la Région Franche-Comté, le soutien du Théâtre des Quartiers d’Ivry-CDN en préfiguration, de Confluences et du Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi

Création Festival de Caves 2014
Besançon les 15, 16, 17, 23 et 24 mai à 20h ; le 1er juin à 16 h ~ Esprels le 21 mai à 20h ~ Lons-le-Saunier le 25 mai à 20h ~ Montbéliard le 27 mai à 19 h et le 31 mai à 21 h ~ Belfort les 28 et 30 mai à 20h ~ Saint-Antoine le 3 juin à 20h ~ Saint-Claude le 4 juin à 19 h et à 21 h ~ Baume-les-Dames le 5 juin à 20h ~ Paris les 6, 7 et 8 juin à 20h ~ Strasbourg le 18 juin à 20h ~ Saint-Louis le 19 juin à 20h ~ Mulhouse le 20 juin à 20h ~ Saint-Hyppolite le 22 juin à 18 h

PRESSE
ARTICLE – Factuel – 28 mai 2014 par Daniel Bordür

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