Si c’était à refaire

Si c’était à refaire
CRÉATION MARS 2010

Le principe de ce projet est de partir d’une interrogation théorique -la question juridique et pénale de la responsabilité- et d’apporter cette interrogation au théâtre. Les comédiens s’interrogeront, et impliqueront le spectateur dans leur questionnement sur la notion de responsabilité, de ce qu’elle implique dans la société d’aujourd’hui. Si c’était à refaire travaille sur ces notions en convoquant à titre d’exemples deux textes, Berlin Alexanderplatz de Döblin et L’homme sans qualités de Musil. Quatre personnages venus de ces deux œuvres (Franz Biberkopf, Emilie Parsunke, Moosbrugger et Clarisse) viendront s’inviter dans notre réflexion et dans celle des comédiens. Dans cette forme de théâtre-récit, les acteurs seront à la fois personnages et narrateurs, les uns seront les figurants de la fiction des autres.
Les deux romans questionnent la notion de choix de l’individu dans un processus social : on est responsable de ses actes, mais est-ce vraiment nous qui les commettons ? Qu’en est-il aujourd’hui, où on parle d’évaluer la dangerosité des individus non sur leurs actes mais sur leur caractère, à l’heure où l’INSERM publie un rapport sur le trouble des conduites, qui donne des explications physiologiques, voire génétiques plus que douteuses à la « déviance » ?
Ce spectacle sera un questionnement ludique navigant à vue entre réalité et fiction, entre documentaire et narration. D’un point de vue pénal, la responsabilité établit un rapport au temps puisqu’elle demande à l’individu de rendre compte de ses actes après les avoir commis. Cette problématique se reflète dans celle de la fiction : comment entrer dans une histoire qui a forcément toujours déjà commencé ? comment, pour un acteur, endosser un rôle, avec un passé qui nous est forcément inconnu ? Comment vit-on « après » ?
Je me demande si on peut refaire sa vie. Si on peut changer la fin d’un roman ou d’une histoire. Ce projet tente d’interroger le « tout est possible », « tout est modifiable » d’aujourd’hui, où les vies ne sont plus univoques, où plusieurs scénarios coexistent et se relaient dans une même existence.

Librement inspiré de motifs de Berlin Alexanderplatz (Döblin), de L’homme sans qualités (Musil) et du rapport sur le trouble des conduites.
Texte et mise en scène Anne Monfort
Avec Laetitia Angot, Claude Guyonnet, Yann Lheureux, Laure Wolf
Scénographie Cécilia Delestre
Son Baptiste Tanné
Lumières Cécile Robin

Production Théâtre de l’Heure
Coproduction Granit-Scène nationale de Belfort, avec le soutien de la DRAC Franche Comté et de la Région Franche-Comté

Création 2 > 6 mars 2010 Le Granit – Scène nationale de Belfort

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